OpenAI s'apprêterait à franchir un nouveau cap en développant son propre smartphone pour 2028. Selon l'analyste Ming-Chi Kuo, la société de Sam Altman collaborerait avec MediaTek et Qualcomm pour concevoir un téléphone pensé autour de l'intelligence artificielle. Cette annonce marque une évolution majeure pour OpenAI, qui passerait du statut d'éditeur de logiciels à celui de fabricant de matériel.
Après le succès de ChatGPT auprès de plus de 800 millions d'utilisateurs, OpenAI viserait désormais à intégrer son IA directement dans nos poches. Un pari audacieux qui pourrait redéfinir notre rapport aux smartphones, à condition de convaincre un marché déjà saturé par Apple, Samsung et Google.
Un smartphone conçu pour l'IA agentique
Le projet d'OpenAI ne serait pas un énième smartphone Android avec ChatGPT préinstallé. L'entreprise développerait un système d'exploitation entièrement nouveau, centré sur les agents IA capables d'accomplir des tâches complexes sans intervention humaine. Contrairement aux applications traditionnelles, cet assistant gérerait réservations, paiements et communications de manière autonome.
Cette approche rappelle les promesses de l'IA agentique dans différents secteurs, où l'intelligence artificielle prend en charge des processus complets plutôt que des tâches isolées. OpenAI s'inspirerait de cette philosophie pour repenser l'interface utilisateur du smartphone.
Le partenariat avec MediaTek et Qualcomm permettrait de concevoir un SoC sur mesure, optimisé pour exécuter des modèles d'IA localement. Cette puce spécialisée gérerait les petits modèles en local pour les tâches rapides, tandis que les calculs complexes seraient déportés vers le cloud. Une architecture hybride essentielle pour maintenir des performances fluides tout en préservant l'autonomie.
Luxshare : un assembleur de prestige
Pour la fabrication, OpenAI s'appuierait sur Luxshare, fournisseur majeur d'Apple. Ce choix stratégique garantirait une qualité d'assemblage comparable aux standards de l'industrie. Les spécifications finales seraient arrêtées fin 2026 ou début 2027, avec un lancement prévu pour 2028.
Un marché haut de gamme déjà saturé
OpenAI ciblerait le segment premium, qui représente 300 à 400 millions d'unités annuelles. Un marché dominé par Apple et Samsung, où chaque nouveau concurrent peine à s'imposer. Les échecs récents de Humane et Rabbit démontrent la difficulté de convaincre avec du matériel IA standalone.
| Fabricant | Part de marché premium | Atout IA |
|---|---|---|
| Apple | 52% | Apple Intelligence |
| Samsung | 23% | Galaxy AI |
| 8% | Gemini natif | |
| OpenAI (2028) | ? | OS dédié IA |
La différenciation d'OpenAI résiderait dans son approche radicale : abandonner l'app store traditionnel au profit d'un assistant universel. Une stratégie risquée qui nécessiterait de convaincre les utilisateurs de renoncer à leurs applications favorites. Les capacités avancées de GPT-4o pourraient servir de base technologique à cet écosystème.
La question de la compatibilité applicative
Aucune information ne filtre sur la possibilité d'installer WhatsApp, Instagram ou d'autres applications tierces. Sans compatibilité Android ou iOS, OpenAI devrait négocier avec chaque éditeur pour porter les services essentiels. Un défi titanesque qui pourrait limiter l'adoption à une niche d'early adopters.
Modèle économique : abonnement et matériel bundlés
Selon Ming-Chi Kuo, OpenAI adopterait un modèle combinant matériel et abonnement mensuel. Une formule qui rappelle les forfaits iPhone, mais appliquée à l'IA. Les 800 millions d'utilisateurs ChatGPT constitueraient une base potentielle, notamment les abonnés payants à 20€/mois.
Ce public familier avec les assistants IA conversationnels représenterait la cible prioritaire. OpenAI pourrait proposer une offre groupée : smartphone + accès illimité à GPT-5 et aux futurs modèles, justifiant un prix premium.

- Accès prioritaire aux nouvelles fonctionnalités IA
- Stockage cloud illimité pour les données utilisateur
- Mises à jour système garanties pendant 5 ans
- Support technique dédié 24/7
La rentabilité dépendrait du taux de conversion des utilisateurs gratuits vers ce bundle. Avec un prix estimé entre 800 et 1200€, OpenAI devrait démontrer une valeur ajoutée concrète par rapport aux alternatives existantes.
Deux projets hardware en parallèle : un risque calculé ?
Le smartphone ne serait pas le seul projet matériel d'OpenAI. L'entreprise développerait également un boîtier sans écran en collaboration avec Jony Ive, ancien designer d'Apple, prévu pour 2027. Deux lancements hardware consécutifs pour une société sans expérience industrielle représentent un pari audacieux.
Cette stratégie multi-produits rappelle celle de géants tech diversifiant leurs activités. OpenAI chercherait à créer un écosystème complet où chaque appareil renforcerait l'engagement utilisateur. Le boîtier Jony Ive servirait pour la maison, le smartphone pour la mobilité.
Les défis logistiques et industriels
Passer du logiciel au hardware implique de maîtriser la supply chain, les certifications réglementaires et le SAV. OpenAI devrait recruter massivement dans l'ingénierie matérielle, la production et la distribution. Des domaines où l'entreprise n'a aucune expertise historique.
Les startups tech qui se diversifient rencontrent souvent des obstacles imprévus. OpenAI devrait éviter les erreurs de jeunesse qui ont plombé les premiers smartphones de Microsoft ou Amazon.
Comparaison avec les solutions IA existantes
Les smartphones actuels intègrent déjà des assistants IA performants. Google Pixel propose Gemini avec traitement local sur les modèles haut de gamme. Samsung Galaxy AI combine traduction instantanée, retouche photo intelligente et résumés automatiques. Apple Intelligence s'appuie sur des puces Neural Engine dédiées.
La proposition d'OpenAI devrait surpasser ces implémentations pour justifier un changement d'écosystème. L'avantage résiderait dans l'intégration verticale : OS, modèles IA et matériel conçus ensemble, sans compromis. Une approche similaire à celle d'Apple, mais appliquée à l'IA plutôt qu'à l'expérience utilisateur traditionnelle.

Les développeurs pourraient également bénéficier d'outils spécifiques, comme le montrent les évolutions en programmation assistée par IA. Un SDK OpenAI permettrait de créer des agents personnalisés pour des cas d'usage professionnels.
L'enjeu de la photographie computationnelle
Aucune fuite ne mentionne les capacités photo du futur smartphone OpenAI. Pourtant, la photographie reste un critère d'achat majeur. L'IA pourrait compenser des capteurs moyens par un traitement d'image avancé, générant des détails manquants ou améliorant les conditions difficiles.
Cette approche s'apparente aux techniques de génération vidéo par IA, où l'algorithme crée du contenu réaliste à partir de données partielles. OpenAI pourrait révolutionner la photo mobile en privilégiant l'intelligence sur la puissance matérielle brute.
Questions éthiques et confidentialité
Un smartphone entièrement piloté par IA soulève des interrogations sur la vie privée. Quelles données seraient collectées ? Comment OpenAI garantirait-il la confidentialité des conversations, transactions et déplacements ? L'entreprise devrait répondre à ces questions avant tout lancement commercial.
Les débats éthiques autour de la tech s'intensifient, particulièrement concernant l'IA. Un smartphone OpenAI devrait intégrer des garde-fous robustes, similaires à ceux implémentés dans les modèles conversationnels récents.
- Chiffrement de bout en bout pour toutes les communications
- Traitement local prioritaire pour les données sensibles
- Contrôle utilisateur granulaire sur les permissions IA
- Transparence sur l'utilisation des données d'entraînement
La conformité RGPD en Europe représenterait un défi supplémentaire. OpenAI devrait adapter son modèle économique et technique aux exigences réglementaires européennes, potentiellement différentes de la version américaine.
Perspectives pour l'écosystème IA mobile
Le smartphone OpenAI pourrait catalyser une nouvelle vague d'innovation dans l'IA mobile. Si le projet réussit, Apple, Google et Samsung accéléreraient leurs propres développements en IA agentique. Un échec confirmerait au contraire que les utilisateurs préfèrent l'IA comme fonctionnalité plutôt que comme fondement du système.
L'impact sur le marketing digital et le e-commerce serait significatif. Un assistant IA capable de comparer automatiquement les prix, négocier des réductions ou anticiper les besoins modifierait profondément les parcours d'achat.

Les développeurs d'applications devraient repenser leurs interfaces pour des interactions pilotées par agents plutôt que par clics. Un changement de paradigme comparable à la transition du desktop vers le mobile dans les années 2010.
Un lancement en 2028 : timing stratégique
L'horizon 2028 laisse deux ans à OpenAI pour affiner son produit. Cette période permettrait de tester les prototypes, construire la chaîne d'approvisionnement et négocier avec les opérateurs télécom. Un délai également nécessaire pour éduquer le marché sur les bénéfices de l'IA agentique.
D'ici 2028, les modèles d'IA auront probablement progressé vers GPT-6 ou au-delà, offrant des capacités de raisonnement et d'autonomie accrues. Le smartphone OpenAI pourrait ainsi bénéficier de la maturité technologique nécessaire à une adoption massive.
En conclusion, le projet de smartphone OpenAI représente une ambition considérable pour une entreprise historiquement focalisée sur le logiciel. Le succès dépendra de l'exécution technique, du modèle économique et de la capacité à convaincre des utilisateurs attachés à leurs écosystèmes actuels. Reste à voir si ChatGPT dans votre poche deviendra réalité ou rejoindra la liste des paris hardware avortés.
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